Trois histoires, une morale


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Article N°29276

Trois histoires, une morale

Parfois, quelques secondes d’inconscience suffisent à détruire plusieurs vies.
Trois histoires vraies inspirées de la route, et une simple question : avons-nous oublié le poids de nos actes ?

Trois histoires, une morale
Ces histoires, notre oncle les racontait parfois avec cette voix lourde qu’ont les hommes qui ont trop vu.
Grand gaillard de plus de deux mètres, plus de cent vingt kilos, seconde ligne de rugby, gendarme toute sa vie, de ses vingt ans jusqu’à après la cinquantaine, et encore réserviste aujourd’hui.
Des accidents, des morts, des carcasses ouvertes comme des boîtes de conserve, il en a vu des centaines.
Et à force d’intervenir sur les routes, il avait fini par comprendre quelque chose :
la plupart des drames ne viennent pas d’une fatalité.
Ils viennent d’un instant d’inconscience.
Un moment où quelqu’un oublie que conduire, ce n’est pas seulement tenir un volant.
C’est porter entre ses mains la vie des autres.
Voici trois histoires parmi beaucoup d’autres.
Un père de famille de trente-huit ans quitte sa maison comme chaque matin.
Il connaît cette route.
Il sait qu’elle est dangereuse, qu’il y a parfois des chauffards qui roulent beaucoup trop vite.
Alors il fait attention. Très attention.
Mais ce matin-là, cela ne suffira pas.
Une voiture surgit à vive allure et le percute de plein fouet côté conducteur.
Le choc est si violent qu’il meurt sur le coup.
Chez lui, quelqu’un attendra un homme qui ne rentrera jamais.
Geneviève et Cathy partent ensemble à cinq heures du matin, comme tous les jours.
Toutes les deux infirmières.
Toutes les deux mères de jeunes enfants.
Deux ans. Trois ans.
Elles travaillent ensemble depuis longtemps, se connaissent bien, se racontent leur vie sur la route de l’hôpital.
Il fait encore nuit.
En face d’elles arrive un autre véhicule.
À son bord, un homme qui a mélangé le gaz hilarant, la vodka, les boissons énergisantes et le cannabis.
Musique à fond.
Plus de limite.
Plus de conscience.
Dans une longue courbe de rocade, il décolle de sa voie à plus de cent kilomètres heure.
Les deux infirmières n’iront jamais à l’hôpital ce matin-là.
Elles ne reverront plus leurs enfants.
C’est un dimanche après-midi tranquille, au pied des Pyrénées.
Deux couples de retraités roulent doucement dans leur vieille Peugeot 403.
Ils reviennent du restaurant.
Ils parlent, rient, profitent simplement du temps qui reste.
Les hommes ont encore le cigare au coin des lèvres.
La départementale traverse la campagne calmement.
Au même instant, sur une route perpendiculaire connue pour sa longue descente, deux frères essaient leur BMW Série 5 préparée.
Ils aiment la mécanique.
Ils aiment surtout la vitesse.
La voiture dépasse les deux cents kilomètres heure.
Au croisement, les retraités n’auront même pas le temps de comprendre ce qui arrive.
La 403 est pulvérisée.
Les quatre vieillards meurent sur le coup.
Les deux frères, eux, sortiront presque indemnes des tonneaux de leur grosse berline allemande.
Ces histoires ne parlent pas seulement d’accidents.
Elles parlent d’inconscience.
De ces secondes où un être humain oublie qu’autour de lui existent d’autres êtres humains.
Des familles.
Des enfants.
Des vieux qui rentrent du restaurant.
Des infirmières qui partent travailler.
Des hommes et des femmes qui veulent simplement rentrer chez eux vivants.
Sur la route, l’inconscience peut transformer quelqu’un en tueur sans qu’il soit parti ce matin-là avec l’intention de tuer.
Et peut-être qu’au fond, la question est simplement celle-ci :
Comment, avec tout ce que nous savons aujourd’hui, continuons-nous encore à conduire et vivre comme si nos actes n’avaient pas de conséquences ?
 
 
KoSmOs 😃 

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