L'Aigle plane « Les oiseaux écrivent le ciel, libèrent profondément mon âme. Poème. »
« Tout mot sorti de mon chapeau
est très souvent adressé à l’Oiseau.
À celui qui vole très haut,
dans le ciel, tout là-haut,
où il vole sans arrêt.
Celui qu’on ne peut capturer,
tellement il est beau.
Et lorsque devant le château
je le regarde voler de nouveau,
mon Dieu… quel tableau.
Il est plus beau qu’un vaisseau.
Celui que je préfère,
c’est bien l’aigle.
L’Aigle que j’ai vu monter,
monter,
monter encore,
porté par les thermiques
au-dessus des monts
où je gardais les brebis.
Je l’ai vu grimper
à des milliers de mètres,
toujours plus haut,
toujours plus loin,
jusqu’à ce qu’un vent d’altitude
le happe soudain.
Alors l’Aigle est parti
à une vitesse folle.
Cent kilomètres heure peut-être.
Deux cents… je ne sais pas.
Vu d’en bas,
avec mes jumelles,
il n’était plus
qu’un point minuscule,
presque microscopique,
perdu dans l’immensité du ciel.
L’Aigle magnifique…
Et puis le cincle plongeur,
qui disparaît sous l’eau
pour ressortir des dizaines de mètres plus loin.
Le chevalier guignette
qui longe la berge
comme une ombre légère.
La bergeronnette
qui chante
et danse dans les arbres.
Et surtout
le martin-pêcheur,
éclair vivant
au-dessus des rivières.
Lorsque je guidais sur les rivières,
je regardais ce monde-là
comme on regarde un miracle.
Un battement d’aile.
Une branche qui plie.
Le courant qui chante sur la pierre.
Le silence immense des montagnes.
L’Oiseau n’est pas un chat.
L’Oiseau n’est pas un chien.
On ne l’apprivoise pas,
à moins de le mettre en cage.
Mais ça,
ce n’est pas la destinée de l’Oiseau.
L’Oiseau est fait pour voler.
L’Oiseau n’est pas fait
pour être enfermé.
Et peut-être que nous aussi,
humains,
nous oublions parfois
que notre véritable nid
n’est pas le béton du monde d’en bas,
mais la nature elle-même.
Parce que c’est là
que l’Oiseau fait sa vie.
C’est là
qu’il dessine dans le ciel
les poèmes infinis de la nature.
Lorsque je suis en nature,
lorsque je vis pleinement dans la montagne,
sur les rivières,
que je crapahute là-haut avec les brebis,
que je marche parmi l’arnica et le génépi,
alors je ne fais plus qu’un avec elle.
Il n’y a plus de bourreaux.
Il n’y a plus de victimes.
Le monde d’en bas disparaît.
Il ne reste que le vent,
la pierre,
l’eau vive,
les Oiseaux,
et ce silence immense
qui remet l’âme à sa place. »
KoSmOs 😃
ALPA DU KOSMOS
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