Les oiseaux auront disparu.


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Article N°29214

Les oiseaux auront disparu.

2060  la pluie de cailloux
Un homme seul face à la fin du vivant

Les oiseaux auront disparu.
 
Né dans les années 70.
J’ai connu une autre époque.
Une époque où il y avait encore de la nature, où il n’y avait pas de ronds-points sur les routes, où roulaient des vieilles voitures sans ceinture.
Une époque où la vie n’était pas la même.
Il y avait de la sciure dans les bars.
Les anciens avaient la Gitane maïs collée au coin de la moustache.
Et la mère, avec son tablier, servait à manger et à boire à tout le monde.
Les marchés étaient bondés, les rues remplies de commerce en tout genre .
Sortir de la maison, c'était rencontrer le monde .
Les années 70-80…
C’était la fin d’un cycle.
Après la guerre, il y a eu ce qu'on appelait " le boum boum après guerre " .
Puis vient la reconstruction, c’était comme un apogée.
Tout semblait beau.
Quand on partait de Toulouse vers la campagne, il y avait des champs partout.
Même en ville, il y avait encore de la nature autour de nous. Je me souviens de tous ces champs de coquelicots, de bleuets, de tournesol, de maïs 🌽 et tous ces petits lacs de campagnes dans les propriétés paysannes ou nous nous baignons l'été avec comme Rafts des chambres a air de tracteurs. 
Cette époque où la campagne sentait bon et où les odeurs étaient encore la .
Aujourd’hui, tout est collé.
Tout est amalgamé.
Tout a était transformé radicalement. 
Le monde du vivant s'est éteint. 
La surface de la Terre s’est dépeuplée.
On ne croise plus que des silhouettes, des formes humaines aux visages transformés.
Des êtres qui savent encore parler pour les choses simples, mais qui ont perdu toute intuition, toute imagination.
Ils ont oublié d’où ils viennent.
Ils ont oublié jusqu’à leur origine.
Ils ne sont pas devenus des machines.
Ils sont devenus… insipides.
À force de tout déléguer, de tout donner à la machine, les musiques ne s’écrivent plus.
Les instruments ont disparu.
Comme des hiéroglyphes, comme des traces sur les murs de cavernes oubliées.
Les grandes lignes électriques traversent le ciel bas.
Les antennes poussent partout.
Les montagnes ont été vidées de leur suc.
Les cailloux sont devenus poussière.
Le vivant, bactérie, humus, champignons, forêts, rivières...
Plus rien .
 
 
Car aujourd’hui…
il pleut des cailloux.
Je suis très âgé.
Nous sommes en 2060.
Je suis seul.
Allongé sous un véhicule, comme un dernier abri.
Mais la carcasse plie.
Les impacts se rapprochent.
Les pierres tombent, de plus en plus lourdes.
Je ne comprends pas.
Je ne comprends pas d’où elles viennent.
Et pourtant… je sais.
Tout remonte.
Les plaques tectoniques.
Les continents qui bougent.
La plaque ibérique, descendue du nord pour venir se coller a nous et créer les Pyrénées 
L’Afrique qui après être descendue loin au sud remonte, qui pousse la plaque océanique, qui rencontre l’Europe vient pousser et former m'arc Alpin 
La Terre n’a jamais été immobile.
Et dans les périodes où les plaques tectoniques sont en mouvement, nous sommes commes des grains de poussières prises par les vents terribles d'une nature bien plus importante que nous.
Mais nous…
nous avons voulu tout figer.
On a voulu créer un monde.
On a voulu imposer la matière.
Faire de l’argent un dieu.
On a laissé des puissances manipuler, écraser, organiser.
Faire travailler, asphyxier, contrôler.
Mettre partout de l’électricité.
Du nucléaire.
Des bombes.
Polluer l’eau à la source, jusqu’à la mer, jusqu’à la vie.
Le plancton.
Les poissons.
Les otaries.
Tout a disparu.
Il n’y a plus qu’une seule maladie.
Un nom absurde.
Un monde sans sens.
Les grandes mégalopoles sont devenues irrespirables.
Plus personne ne sort.
Des drones qui tournent en permanence comme des abeilles 🐝 jadis. Il n'ya plus de fleurs a butiner malheureusement 
Des couloirs.
Des lumières artificielles.
Un monde sous terrain.
Des pilules à la place de la nourriture.
Le téléphone est entré dans la tête.
Les écrans ont remplacé les regards.
Il n’y a plus de communes, plus de régions.
Plus rien.
Juste du béton.
Du goudron.
À perte de vue.
Et maintenant…
la pluie. Une pluie de cailloux. 
Les cailloux frappent la tôle.
Puis la traversent.
Puis écrasent.
Comme si tout ce qui avait été broyé revenait.
Comme si la matière reprenait ses droits.
Je repense à cette phrase :
« Ce n'est que lorsque le dernier arbre sera abattu, que le dernier fleuve sera pollué, que le dernier poisson sera péché, ce n'est qu'alors et alors seulement, que l'homme comprendra que l'argent n'est pas comestible.»
Mais il est trop tard.
Il n’y a même plus de peine.
Même ça a disparu.
Le monde est silencieux.
Plus de chant d’oiseau.
Plus de rivière.
Même le ciel 🌈 a disparu pour une obscurité sans nom.
Et moi, sous cette carcasse qui cède…
je comprends enfin.
L’humanité n’a pas disparu d’un coup.
Elle s’est effacée lentement.
Et maintenant,
il ne reste plus que la matière,
qui tombe,
encore,
et encore,
à perte de vue, des cailloux, des éclairs de foudre .
Étrangement je suis calme 
 
KoSmOs 😃 

ALPA DU KOSMOS

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