Le vieux chêne, l’autoroute et la mémoire


Le vieux chêne, l’autoroute et la mémoire

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Article N°29166

Le vieux chêne, l’autoroute et la mémoire

Autrefois, la terre que nous appelons aujourd’hui France était une grande forêt où le chêne symbolisait le lien profond entre l’humain et la nature. Aujourd’hui, au milieu des routes, des écrans et du rythme accéléré du monde moderne, ce texte nous rappelle que la mémoire de cette forêt vit encore en nous et nous invite à repenser notre manière de vivre. 🌳

Il y a très longtemps, bien avant les villes et les routes, la terre que nous appelons aujourd’hui la France était une mer de forêts.
Des forêts profondes.
Des forêts immenses.
Des forêts si anciennes que les arbres semblaient porter le ciel. Une canopée infinie.
Au pied de ces arbres vivaient les humains.
Ils n’avaient pas encore toutes nos théories, toutes nos religions, tous nos livres.
Mais ils savaient regarder.
Et ce qu’ils voyaient chaque jour, c’était le Chêne millénaire.
Le vieux Chêne.
Le Chêne immense.
Le Chêne patient.
Les anciens disaient que le Chêne portait la vie.
Les glands nourrissaient les bêtes.
Les racines tenaient la terre.
Les branches parlaient avec le vent.
Certains disaient même que c’était un Dieu.
Bien plus tard, des savants ont essayé de comprendre cette mémoire ancienne.
Parmi eux, l’écossais James George Frazer, qui écrivit Le cycle du Rameau d’or.
Il racontait que les anciens peuples d’Europe vivaient dans des forêts sacrées.
Que les arbres n’étaient pas seulement des arbres.
Qu’ils étaient des présences.
Puis les siècles ont tourné.
Un jour, des soldats venus d'Italie arrivèrent dans ces terres.
Ils marchaient sous les ordres d’un homme célèbre nommé Julius Caesar.
Mais lorsqu’ils arrivèrent devant la grande forêt, ils s’arrêtèrent.
La forêt était trop vieille.
Trop silencieuse.
Trop pleine de présence.
Les soldats murmuraient :
Ce bois est habité.
Alors César prit une hache.
Il marcha jusqu’à un grand chêne et abattit le premier arbre 🌳.
Le tronc trembla.
Les feuilles frémirent.
Et la forêt garda le silence.
Les routes furent ouvertes.
Les villes grandirent.
Et l’histoire a continué.
Moi, je suis né dans les années 70.
Et quand j’étais enfant, il restait encore quelque chose de ce vieux monde.
Il y avait encore des paysans.
Il y avait encore des champs vivants.
Il y avait encore une relation simple entre l’humain et la terre.
La nature était là.
Présente.
Il n’y avait pas encore tous ces réseaux téléphoniques, internet.
Pas encore cette toile invisible qui couvre aujourd’hui le monde.
Il n’y avait pas non plus toutes ces routes.
Aujourd’hui, la vie ressemble à une autoroute.
On le voit dès le matin, quand on emmène les enfants à l’école.
Au premier rond-point, tout le monde accélère.
Même quand il faudrait céder le passage.
C’est la bousculade.
Les pilotes sont de sortie.
La vie est devenue une autoroute.
Là où autrefois il y avait des champs, il y a des zones commerciales immenses ( on ne va plus aux champs).
Des parkings.
Des supermarchés géants.
Des kilomètres de goudron.
Parfois on a l’impression qu’il y a plus de panneaux que d’arbres. Désert 🏜 de pétrole 🛢.
Et pourtant…
Quand vient le printemps, la nature se remet à rayonner.
Les fleurs reviennent.
Les feuilles vertes et fraîches naissent à nouveau.
Les oiseaux recommencent à chanter.
Et là, quelque chose se réveille.
Ce grand mouvement que les anciens fêtaient chaque année.
Le renouveau.
Car même si nous avons oublié beaucoup de choses, la forêt n’a jamais complètement disparu.
Elle est encore là.
Dans nos gènes.
Dans notre colonne vertébrale.
Dans les mémoires silencieuses de nos corps.
L’esprit de cette forêt vit encore en nous.
Alors peut-être que le moment est venu, non pas de revenir en arrière,mais de repenser nos modes de vie.
De regarder cette autoroute qu’est devenue la vie.
Ces autoroutes de goudron.
Et ces autres autoroutes plus étranges encore :
les réseaux dits sociaux, les flux d’informations, les médias.
Parfois on pourrait presque dire : les merdias.
Car trop souvent ils ne diffusent que du bruit, de la peur, de la confusion, ou de la division.
Et pendant ce temps, nous tournons en rond.
Comme sur un immense rond-point.
Mais au milieu de tout cela, il existe encore autre chose.
Il existe encore des gens qui marchent autrement.
Des gens qui avancent main dans la main.
Des gens qui ont le cœur sur la main.
Des gens qui élèvent, qui aident, qui tendent la main.
Et c’est peut-être là que quelque chose peut recommencer.
Ici, dans le KoSmOs
Redonner du sens.
Redonner la parole à ceux qui servent la vie.
Pas les dogmes.
Pas les vieilles querelles.
Mais l’acte simple d’être humain.
Car tant qu’il restera un arbre qui pousse,
une main qui se tend,
et un cœur qui écoute,
alors la forêt ne sera jamais complètement perdue.
Et quelque part, dans le vent qui passe dans les branches d’un vieux chêne,
le monde se souviendra encore. 🌳

ALPA DU KOSMOS

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