Un texte sur la perte des racines et des terroirs.
Un appel à se réveiller avant que tout disparaisse.
La prison de l’âme n’est pas céleste.
Non.
La prison de l’âme est ici.
Dans la trame énergétique de la vie incarnée sur Terre.
Dans le mental.
Dans les murs invisibles que l’on a dressés autour de nous.
C’est ici que tout se fait.
C’est ici que tout se défait.
C’est ici que tout est beau.
Et c’est ici que tout est laid.
Ici où tout se tient.
Ici où plus rien ne tient.
Et pendant que certains parlent pour ne rien dire,
pendant que les mots tournent en rond dans les couloirs du monde, la sauvagerie s’installe.
Dans ce monde fantastique qu’est devenu notre univers il y a des rats.
Il y a des cailles.
Et il y a des bêtes partout.
Les rats rongent.
Les cailles disparaissent.
Et sur la vieille terre d’Europe, sur cette terre où le Chêne a été arraché,où les racines ont été retournées, les rats se sont installés dans le navire.
Ils grignotent la coque.
Ils creusent les flancs.
Et le navire prend l’eau.
Et pourtant on nous dit :
« Ne dis rien. »
Ne parle pas.
Ne pense pas.
Sinon tu seras montré du doigt, traiter de complotiste.
Mais la prison de l’âme n’est pas céleste.
Elle est mentale.
Tout est mental.
L’univers est mental.
Le haut et le bas sont a la même hauteur.
Les opposés s'attirent.
Les extrêmes se touchent.
Et pendant que le monde tchatche, les cailles disparaissent.
Les cailles des champs.
Les cailles des villages.
Les cailles des terroirs.
Car il fut un temps où la terre respirait encore.
Il fut un temps où la France était une mosaïque de campagnes, de fermes, de visages tannés par le vent, de mains plongées dans la terre.
Il fut un temps où l’on voyait les hommes dans les champs, les femmes aux fourneaux, les anciens sur les bancs.
Il fut un temps où les villages avaient une âme.
Mais cela fait longtemps.
La fin des terroirs
ne date pas d’hier.
Elle remonte loin.
À la modernisation de la France rurale.
Aux machines.
Aux villes qui aspirent les forces des campagnes.
Et pendant que les racines se dessèchent, la terre se couvre de câbles.
La terre est cerclée.
Câblée.
Ultra-câblée.
Ultra-connectée.
Et l’homme, lui, se déconnecte de lui-même.
Alors on tchatche...
On parle pour rien dire.
Mais pendant ce temps les anciens meurent seuls.
Les villages se vident.
Les champs se taisent.
Et pendant que certains regardent la télévision,
des millions d’hommes et de femmes font leur pause cigarette dans la nuit des villes.
Des millions de vies silencieuses.
Des millions de solitudes.
Alors je pose la question :
Qu’allons-nous faire ?
Attendre ?
Attendre que les palais décident pour nous ?
Attendre que les sommets parlent pour nous ?
Non.
Car il existe une vérité simple :
Si tu ne t’occupes pas de politique,
la politique s’occupe de toi !!!
Alors oui.
Je sais.
On m’a dit :
« Ne parle pas. »
« Reste raisonnable. »
« Mets-toi dans le rang. »
Mais comment rester dans le rang quand le navire prend l’eau ?
Comment rester dans le rang quand les rats rongent la coque ?
Non.
Cela est impossible.
Car quelque part, dans les montagnes, dans les bois, dans les pierres dressées et les vieux cercles oubliés, il reste une mémoire.
La mémoire du chêne.
La mémoire des villages.
La mémoire des chemins.
Et cette mémoire murmure encore.
Elle dit :
Debout.
Debout, peuple des terres.
Debout, enfants des villages.
Debout, héritiers des champs.
Unissez-vous.
Organisez-vous.
Travaillez.
Rebâtissez.
Car le monde de demain n’appartient pas aux tchatcheurs, aux soi-disant décideurs...
Il appartient à ceux qui se lèvent.
À ceux qui plantent.
À ceux qui construisent.
À ceux qui protègent.
Le navire peut tanguer.
Mais tant qu’il restera des mains pour réparer la coque, tant qu’il restera des voix pour dire la vérité, tant qu’il restera des cœurs pour Aimer cette terre, alors tout ne sera pas perdu.
Souviens-toi.
La puissance n’est pas là-haut.
Elle est ici.
Dans nos mains.
Dans nos villages.
Dans nos vies.
Alors je le dis une fois.
Je le dis deux fois.
Je le dis mille fois :
Levez-vous.
Tout le monde debout.
Parce que tant qu’un peuple se lève,
aucun navire n’est condamné à couler.
KoSmOs
ALPA DU KOSMOS