De Bagatelle aux impasses de notre société,
Ce texte traverse le deal, la colère et nos vérités.
Entre critique du monde et désir de paix retrouvée,
Une voix brute cherche encore comment se relever.
Bagatelle
Nous nous sommes fait avoir.
Le deal est là depuis belle lurette. Il ne se cache même plus. Il a poussé dans les cités comme une mauvaise herbe, au pied des immeubles, au détour des halls, dans les silences des parents et les regards qui se détournent. Le haschich se vend en France presque autant que le pain. On le sait. On le voit. Et pourtant, on fait semblant de découvrir le problème chaque fois qu'il explose.
Tu me diras que je délire. Tu n'auras pas complètement tort.
J'ai connu Bagatelle. J'ai connu le Mirail, à Toulouse. J'ai vu les virages, les passages, les allées et venues. Des tonnes ont circulé. Des fortunes se sont faites. Des mains se sont frottées. Pendant ce temps, le ballet des consommateurs ne s'est jamais arrêté : les accros à la fumette, les paumés, les jeunes, les vieux, le boulanger, l'artisan, le cadre, le dirigeant. La mère, le père, le frère, le cousin. Qui ne connaît pas cette histoire ?
En haut aussi, les gouvernements sont de la partie. Il y a les discours, les promesses, les chiffres et les plateaux télé. Il y a les histoires merdiatiques qu'on nous sert pour faire du bruit, puis le silence quand il faudrait regarder les choses en face. Il semblerait que nous soyons arrivés à l'impasse de notre santé publique : incapables de régler nos problèmes d'addictions, incapables même de les nommer sans trembler.
Un joint, une trace, un fix.
Et puis l'alcool, avec sa déflagration totale, son costume de fête, sa violence admise. La France est extrême. Sa politique sent le mort. Sa corruption dépasse de loin tous les standards. Le pays entier subit les foudres étatiques pendant qu'un grand cinéma se raconte et se glorifie.
Il y a les médias qui distillent la bonne parole : ce qu'il est bon de dire, ce dont il ne faut surtout pas parler. Coluche disait : « La dictature, c'est ferme ta gueule ; la démocratie, cause toujours. » Lorsque tout est question de pognon, tout finit par pourrir. Comme disait NTM : « L'argent pourrit les gens. »
Les exemples d'ingérences sont infinis. Où est passé le bon sens ? Y en a-t-il déjà eu ?
Merdiatique ambiance. Les extrêmes se tirent dessus, de gauche à droite, de droite à gauche. Des élus s'enrichissent sur le dos des contribuables. Les chiffres donnent le tournis, mais les chiffres ne réveillent personne. Alors il faudrait peut-être relire Érasme, refaire l'éloge de la folie, relire Marc Aurèle et se demander ce que nous avons fait de notre monde.
Nous avons festoyé depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Tout est à rebâtir. Mais faut-il tout détruire pour cela ?
Non.
Nous avons des bases solides. Notre humanité a traversé le feu des guerres tant de fois. Depuis que nous avons maîtrisé le feu, nous semblons surtout capables de le répandre, sans jamais vouloir y mettre véritablement fin. Les philosophes, les écrivains, les sages... La bonne parole, le bon Dieu... Les loups étaient-ils déjà dans Paris ?
À la vie.
Je suis fait de tout ce qui vibre. J'écris ici la vision de ce que je suis : un homme en proie à ses émotions. Le désert est loin, mais la folie humaine témoigne chaque jour de son inconscience. Car avec l'amour, avec la patience de procréer, de créer et de prendre soin, la vie serait sublime. Pourtant, au sublime, nous préférons souvent la médiocrité.
Oui, la matière a été maîtrisée. Les éléments ont été trafiqués. La chimie a dénaturé la réalité sublime de notre esprit. La vacuité a laissé place au brouhaha : une cacophonie sans nom, sans direction. Les marcheurs à l'étoile ont laissé place aux robots dirigés par GPS.
Notre nourriture devient plastique. Nous nous adaptons à tout, mais rien ne remplace les nutriments. Nos organes sont faits d'eau et nous polluons sans y penser. Nous trafiquons sans y réfléchir. Nous expliquons tout, sans rien y comprendre.
Tout est pifométrie.
Les savants passent ; les utopies dirigent nos rêves. À quoi bon se battre pour la liberté si c'est pour finir pucé ? À quoi bon donner notre voix si c'est pour se la faire voler, puis trahir ? Qui sommes-nous pour laisser faire tant d'injustices ?
Des sommets d'incompréhension. D'inconscience généralisée.
Nous sommes les spectateurs du désespoir : du son, de la drogue, du cul, du pognon. Le monde est fou et ne le sait pas. La sagesse debout, dit-on, en Grèce. Mais quelle sagesse ?
Plus tu en as, plus tu en veux, et tu ne l'emporteras pas dans ta tombe. Nous ne faisons que passer. Tout est éphémère. Rien ne dure.
Je ne sais pas parler comme j'écris. Voilà pourquoi j'écris.
Dans une autre vie, j'étais un chevalier. Dans une autre, un bâtisseur. Dans une autre encore, un scribe. C'est beau de rêver. Plus grand est le rêve, plus grande est la réalité. Mais le temps d'une vie ne suffit pas. Il en faudrait bien plus pour influer sur le monde et tenter de le soigner.
Se transformer. Changer ce qui doit l'être. Commencer par soi, avant tout.
La paix ne se signe pas : elle se décide en soi. Nous avons le choix de subir ou d'agir. Le monde est monde, mais nos vies valent bien plus que leurs profits.
La zone a été établie par de gros bœufs qui nous gouvernent. Alors, mets des étoiles dans ta vie tant que tu en as le temps. Embrasse le monde avant qu'il t'explose. Vis comme le vent. Aime comme le feu qui crépite. Enlace comme l'eau.
Ancre-toi comme la terre,
dans un vide spatial infini,
dans une vacuité sans fin...
KoSmOs
ALPA DU KOSMOS