Face au sentiment d’abandon des territoires, à l’insécurité, à la vie chère et au recul du vivant, ce texte porte la parole d’un citoyen inquiet mais déterminé.
Il appelle à retrouver le sens du collectif, la protection des plus fragiles et le respect de nos terres.
Un cri de colère, mais surtout un appel à agir avec responsabilité, justice et humanité.
J’ai vu récemment circuler des estimations évoquant près de 300 000 personnes liées,
directement ou indirectement, au narcotrafic en France. Ce chiffre demande à être confirmé
et sourcé. Mais s’il se rapproche de la réalité, il est vertigineux. Parce que derrière un
nombre, il y a une réalité : des réseaux, de l’argent, de la violence, des territoires
gangrenés et des familles qui vivent avec les conséquences.
Et alors je me pose une question simple : qu’est-ce qui s’est passé en cinquante ans ?
Comment avons-nous pu laisser s’installer une telle situation ? Comment avons-nous
laissé la corruption, les réseaux, les intérêts financiers et certaines formes de criminalité
prendre autant de place dans notre pays ?
Je regarde les cinquante dernières années et je pense à tous ces présidents, tous ces
gouvernements, toutes ces majorités qui se sont succédé. De Giscard d’Estaing à
aujourd’hui, ils ont façonné les politiques publiques et l’évolution du pays. Je ne veux
pas faire porter à un seul homme la responsabilité de cinquante années d’histoire. Mais
force est de constater qu’au fil des décennies, quelque chose s’est cassé.
Nous avons scié, petit à petit, l’arbre France.
Et pendant ce temps, de grandes familles, de grands groupes, de grandes entreprises se
sont approprié des pans entiers de notre économie, de nos territoires et parfois de notre
quotidien. Je ne vais pas citer de noms. Ceux qui savent savent.
Moi, j’ai plus de cinquante ans.
Et quelque part, je me sens comme un homme placé au milieu d’une immense transition.
J’ai connu les campagnes, les routes de campagne, les terres travaillées, les familles dans
les maisons, les paysans, les patois, les traditions locales. J’ai connu cette France des
terroirs.
Aujourd’hui, je regarde autour de moi.
Les campagnes se vident. Les paysans disparaissent. Les villages perdent leurs commerces,
leurs services, leurs traditions. Les langues et les patois s’effacent. Les paysages changent.
Et dans le même temps, notre pays connaît une immigration importante, une
transformation profonde de sa population et de ses modes de vie.
Je ne veux stigmatiser aucune nationalité, aucune origine, aucune communauté. La France
d’aujourd’hui est composée de personnes venues de plus de cent cinquante pays.
C’est une réalité.
Mais justement : puisqu’il s’agit de notre réalité, avons-nous encore le droit de nous
demander ce que nous voulons devenir ?
Avons-nous encore le droit de dire :
« J’aimerais retrouver une France qui fonctionne. Une France qui protège. Une France qui
entretient ses routes, ses villages, ses forêts, ses rivières. Une France qui respecte ses
anciens, ses enfants, ses agriculteurs, ses travailleurs. Une France qui connaît encore ses
terroirs et qui n’a pas honte de son histoire. »
Parce que la France, ce n’est pas uniquement Paris.
La France, c’est un Hexagone.
C’est les Pyrénées, les Alpes, le Jura, les Vosges, les Ardennes et le Massif central.
C’est l’Océan Atlantique, la Manche et la Méditerranée.
C’est le Gers, le Tarn-et-Garonne, l’Aveyron, l’Ariège et le Tarn, mais c’est aussi le
Cantal, la Dordogne, les Landes, la Gironde, le Lot, le Lot-et-Garonne et les Hautes-Pyrénées.C’est la Bretagne avec le Finistère, les Côtes-d’Armor et le Morbihan.
C’est la Normandie avec la Manche, le Calvados et l’Eure.
C’est le Nord et le Pas-de-Calais.
C’est la Somme, les Ardennes, la Marne et l’Aube.
C’est l’Alsace avec le Bas-Rhin et le Haut-Rhin, la Lorraine avec la Moselle, la Meurthe-etMoselle, les Vosges et la Meuse.
C’est la Bourgogne, avec la Côte-d’Or, la Saône-et-Loire, l’Yonne et la Nièvre.
C’est la Franche-Comté, le Jura, le Doubs, le Territoire de Belfort.
C’est la Vendée, la Charente, la Charente-Maritime, les Deux-Sèvres.
C’est la Loire, la Haute-Loire, le Puy-de-Dôme, l’Allier.
C’est la Lozère, l’Ardèche, la Drôme, l’Isère, la Savoie et la Haute-Savoie.
’Cest la Provence, le Var, les Bouches-du-Rhône, le Vaucluse, les Alpes-de-Haute-Provence
et les Hautes-Alpes.
C’est l’Hérault, le Gard, l’Aude, les Pyrénées-Orientales.
C’est la Corse.
C’est tout cela, la France.
La France, ce sont ses villes, bien sûr.
Mais la France, ce sont aussi ses villages.
Ses fermes.
Ses granges.
Ses petites routes.
Ses rivières.
Ses forêts.
Ses champs.
Ses vignes.
Ses ports.
Ses montagnes.
Ses océans.
La France, c’est un territoire vivant.
Et lorsque je parle de cette France-là, je ne parle pas d’une France fantasmée où tout
aurait été parfait autrefois. Je parle d’une France réelle, avec ses contradictions, sesguerres, ses injustices, ses erreurs et ses blessures.
Mais je parle aussi d’une France qui possédait quelque chose de précieux : un lien profond
entre les hommes, les territoires et la terre.
C’est cette France-là que je ne veux pas voir disparaître.
Pas une France fermée.
Pas une France qui rejette.
Pas une France qui déteste.
Mais une France qui sait encore qui elle est, ce qu’elle possède, ce qu’elle doit protéger
et ce qu’elle souhaite transmettre.
Parce qu’un pays qui ne connaît plus ses racines finit par ne plus savoir dans quelle
direction avancer.
Et moi, je veux que l’arbre France continue de pousser.
Avec toutes ses branches.
Toutes ses différences.
Tous ses territoires.
Tous ses enfants.
Parce que l’Hexagone n’est pas seulement une forme sur une carte.
C’est une multitude de terres, de cultures, d’accents, de paysages et d’histoires qui se
rencontrent.
Et c’est précisément cette diversité qui fait sa richesse.
Et lorsque je parle de mes racines, je ne parle pas de supériorité. Je ne dis pas que je suis «
meilleur » parce que mes ancêtres sont ici depuis plusieurs générations. J’ai fait mon
arbre généalogique et je sais simplement que ma famille est profondément liée à ces
territoires.
Ce terroir fait partie de mon histoire.
Et aujourd’hui, j’ai parfois le sentiment qu’il faudrait presque s’excuser de dire que
l’on est français.
Moi, je ne m’excuse pas.
Je suis français.
Et je veux pouvoir le dire sans haine de l’autre, sans mépris, sans rejet.
Je veux simplement pouvoir aimer mon pays.Mais comment aimer un pays quand on voit ses services publics se dégrader, ses routes se
détériorer, ses finances publiques s’enfoncer dans la dette, ses campagnes se désertifier
et certaines zones devenir difficiles à contrôler ?
Comment accepter que des policiers ou des gendarmes puissent avoir le sentiment que
leur travail ne sert plus à grand-chose lorsqu’ils interpellent des délinquants et que ceuxci ressortent rapidement ?
Comment accepter que des affaires de violences sexuelles, de séquestration ou de viols
impliquant des mineurs puissent produire un tel sentiment d’impuissance et d’injustice ?
Je ne veux pas juger des dossiers dont je ne connais pas tous les éléments. La justice doit
faire son travail.
Mais justement : la justice doit pouvoir être respectée parce qu’elle doit être comprise.
Et lorsqu’une population ne comprend plus les décisions rendues, lorsqu’elle a le
sentiment que les victimes ne sont pas suffisamment protégées et que les criminels ne sont
pas suffisamment sanctionnés, alors quelque chose se fissure.
La confiance disparaît.
Et quand la confiance disparaît, c’est toute la société qui tremble.
Pendant ce temps, la drogue circule.
Le narcotrafic prospère.
Des enfants grandissent avec la violence autour d’eux.
Et derrière chaque trafic, il y a des vies détruites.
Alors oui, 300 000 narcotrafiquants, si ce chiffre correspond réellement à la réalité des
personnes impliquées dans ces réseaux, c’est beaucoup trop.
Nous avons besoin de gens bienfaisants, pas malfaisants.
Et le narcotrafic n’est pas bienfaisant.
Il détruit.
Il détruit les individus, les familles, les quartiers, les territoires et parfois ceux qui y
travaillent.
Je ne demande pas la vengeance.
Je demande que la société se protège.
Je demande que les criminels soient réellement sanctionnés dans le cadre de la loi.
Je demande que ceux qui mettent leur vie au service de la sécurité puissent exercer leur
métier avec des moyens et avec le sentiment que leur travail a un sens.
Je demande que les victimes soient protégées.Et je demande surtout qu’on arrête de regarder les problèmes en face en faisant semblant
de ne pas les voir.
Parce que pendant que nous nous déchirons entre partis politiques — LFI, Rassemblement
national, majorité, opposition — les Français, eux, continuent leur vie.
Ils travaillent.
Ils élèvent leurs enfants.
Ils paient leurs impôts.
Ils essaient de faire vivre leur famille.
Ils prennent leur voiture pour aller travailler, parfois parce qu’ils n’ont tout simplement
pas d’autre solution.
Et pendant ce temps, le prix du carburant pèse lourdement sur leur quotidien.
Quand on habite à la campagne, quand on travaille à plusieurs dizaines de kilomètres de
chez soi, quand il faut emmener les enfants à l’école, aller travailler, faire les courses,
accompagner un parent ou se rendre chez le médecin, la voiture n’est pas un luxe : c’est
parfois une nécessité.
Alors quand le prix du carburant augmente, ce n’est pas simplement quelques euros de
plus à la pompe.
C’est une partie du salaire qui disparaît.
C’est le budget des courses qui diminue.
C’est une facture que l’on repousse.
C’est parfois un choix absurde qui se présente à des gens qui travaillent :
« Est-ce que je mets du carburant pour aller travailler, ou est-ce que je garde cet argent pour
remplir le frigo ? »
Et ça, c’est quelque chose que je trouve profondément injuste.
Parce que travailler devrait permettre de vivre.
Pas simplement de survivre.
Les Français prennent leur voiture sur des routes parfois dégradées, paient leur carburant,
paient leurs impôts, paient leurs assurances, paient leur logement, paient leurs factures et,
à la fin du mois, certains regardent leur compte bancaire en se demandant comment ils
vont réussir à tenir jusqu’au suivant.
Ils emmènent leurs enfants à l’école.
Ils vont chez le médecin.
Ils font leurs courses.Ils essaient de partir quelques jours en vacances quand ils le peuvent.
Ils essaient simplement de vivre dignement.
Et pourtant, on leur demande toujours davantage.
Davantage d’efforts.
Davantage de taxes.
Davantage de contraintes.
Davantage de productivité.
Alors oui, je comprends la colère qui monte.
Parce qu’un pays ne peut pas demander éternellement à ceux qui travaillent de payer
toujours plus tout en leur donnant le sentiment qu’ils ont toujours moins.
Et pendant ce temps, ils regardent leurs campagnes se transformer, leurs services publics
disparaître, leurs routes se dégrader et certaines zones devenir difficiles à contrôler.
Et ils se demandent simplement :
« Dans quel monde allons-nous faire grandir nos enfants ? »
Moi, cette question me travaille.
Parce que la sécurité n’est pas seulement une affaire de policiers et de gendarmes.
Nous sommes tous garants de notre sécurité.
Nous sommes tous responsables de ce que nous laissons derrière nous.
Et c’est exactement pour cela que je regarde aussi la nature.
Je travaille aujourd’hui sur une application destinée à aider à nettoyer nos espaces
naturels.
Et quand je parcours les routes, je vois quoi ?
Des mégots.
Des canettes.
Des bouteilles.
Des emballages.
Du plastique.
Des déchets jetés par les fenêtres.
Et je me demande :
Quel amour avons-nous encore pour la Terre si nous sommes capables de la traiter comme
une poubelle ?Parce que tout est lié.
Notre santé.
Notre alimentation.
Notre environnement.
Notre sécurité.
Notre rapport aux autres.
Notre rapport à la vie.
Nous sommes devenus une société ultra-rapide, ultra-productive, ultra-consommatrice. Et
derrière cette course permanente, combien de personnes s'épuisent ? Combien font des
burn-out ? Combien ne se reconnaissent plus dans le monde qu’elles traversent ?
Nous avons perdu quelque chose.
Peut-être notre lenteur.
Peut-être notre bon sens.
Peut-être notre lien à la terre.
Peut-être simplement notre capacité à nous demander ce qui est vraiment essentiel.
Parce qu’à quoi sert de produire toujours davantage si nous détruisons ce qui nous
permet de vivre ?
À quoi sert d’importer des fruits et des légumes à travers des milliers de kilomètres
lorsque nos propres territoires pourraient nourrir une partie de notre population ?
À quoi sert cette mondialisation permanente si elle finit par nous rendre dépendants de
tout et responsables de rien ?
Nous avons perdu des insectes.
Les oiseaux disparaissent.
Les eaux sont polluées.
Les sols sont fragilisés.
La biodiversité recule.
Et nous continuons comme si de rien n’était.
Notre génération doit changer de paradigme.
Pas demain.
Maintenant.
Je ne dis pas qu’il existe un système parfait.Je ne dis pas que la droite a raison.
Je ne dis pas que la gauche a raison.
Je ne dis pas que le centre a raison.
Je ne dis pas qu’un parti possède la vérité.
Je dis simplement que le constat est là.
Et ce constat, c’est que nous nous faisons du mal.
Nous avons besoin de cohérence.
Nous avons besoin de responsables capables de regarder les problèmes en face.
Nous avons besoin de politiques qui pensent à vingt ou trente ans, pas uniquement à la
prochaine élection.
Nous avons besoin de routes entretenues.
De campagnes vivantes.
D’agriculteurs respectés.
D’une alimentation saine et locale quand cela est possible.
D’une justice qui protège réellement les victimes et sanctionne les criminels dans le
respect du droit.
D’une police et d’une gendarmerie soutenues.
D’une nature respectée.
Et surtout, nous avons besoin de retrouver quelque chose que nous sommes en train de
perdre :
le sens du collectif.
Parce qu’un pays n’est pas seulement une administration.
Ce n’est pas seulement un drapeau.
Ce n’est pas seulement une frontière.
Un pays, c’est une mémoire.
C’est une terre.
Ce sont des femmes et des hommes.
Ce sont des enfants.
Ce sont des anciens.
Ce sont des villages.
Des montagnes.Des océans.
Des forêts.
Des champs.
Des accents.
Des recettes.
Des chansons.
Des histoires.
Et surtout, c’est une communauté de destin.
Alors oui, parfois, certains comportements humains m’écœurent profondément.
Quand je vois la violence.
Quand je vois le trafic de drogue.
Quand je vois des enfants victimes.
Quand je vois la nature transformée en décharge.
Quand je vois l’indifférence.
Oui, parfois, j’ai mal à mon humanité.
Mais je refuse de devenir haineux.
Parce que je suis amoureux de la vie.
Pour faire des enfants, il faut de l’Amour.
Pour les élever, il faut de l’Amour.
Pour construire quelque chose, il faut de l’Amour.
Pour protéger la Terre, il faut de l’Amour.
Et pour continuer à croire en l’être humain malgré tout ce que nous voyons, il faut encore
avoir suffisamment d’Amour pour ne pas abandonner.
Alors je pousse ce cri.
Un cri de ras-le-bol.
Un cri de citoyen.
Un cri d’homme.
Un cri de Français.
Mais surtout, un cri d’être humain.
Je travaille.J’ai une famille.
Je suis amoureux.
J’ai encore des projets.
Et tant que j’aurai du souffle, je continuerai à dire ce que je pense, à écrire, à créer et à agir.
Je continuerai à me battre pour notre humanité.
Je continuerai à me battre pour notre nature.
Je continuerai à me battre pour que nos enfants puissent grandir dans un monde où l’on
peut encore respirer, manger sainement, marcher sur des routes propres, regarder les
oiseaux dans le ciel et avoir confiance dans ceux qui sont censés nous protéger.
Parce qu’au fond, c’est peut-être cela que nous avons oublié :
nous ne sommes pas propriétaires de cette Terre. Nous en sommes les gardiens.
Et si nous ne changeons rien, nous ne transmettrons pas un monde meilleur à nos enfants.
Nous leur transmettrons simplement les conséquences de nos renoncements.
Alors oui.
Il est temps d’agir.
Il est temps de changer de paradigme.
Il est temps de redevenir bienfaisants.
Pour nous.
Pour nos enfants.
Pour nos territoires.
Pour la Terre.
Et pour l’humanité.
À bon entendeur.
Bonne continuation.
KoSmOs
ALPA DU KOSMOS